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HORS CADRE #9

Découvertes

Jusqu'au 9 avril à la MJC Ronceray - Le Mans

Chaque année, la MJC Ronceray s'associe aux Photographiques et expose de jeunes photographes prometteurs pour la plupart issus du territoire.

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Bee Lumen

''CECI EST UN OBJET FRONTIÈRE HUMAIN''

BEE LUMEN LES PHOTOGRAPHIQUES

« Je désigne par objet-frontière humain un type d’entité particulier qui circule entre des corps que l’on juge humains. » Klaus Hoeyer

Chacun-e parle du monde tel qu’iel le perçoit.

Nous parlons de notre monde.

« Dans son ouvrage précurseur sur la pureté et les tabous, Mary Douglas constatait que « toutes les marges sont dangereuses » et que la salive, le sang, l’urine et les autres substances et éléments peuvent devenir des objets dangereux simplement en traversant « les frontières du corps » (Douglas, 1995 : 12). Une fois détachés du corps, ils incarnent des menaces pouvant déstabiliser ces catégorisations dotées d’une importance symbolique. (...) Victor Turner en 1967 s’est intéressé au rôle des rituels en manipulant ce qui est catégoriquement ambigu : le liminal.

Il affirme que les rituels sont instigateurs de « transformation dans l’être » (ibid. : 102) et que cette ambiguïté est essentielle à cette transformation (ibid. : 96-97). Turner décrit l’espace non défini entre les catégorisations comme une « obscurité féconde », pleine de potentiel pour la créativité culturelle (ibid. : 110). Nous rencontrons aussi cette sorte de potentialité dans le cas de l’objet-frontière humain. (...) Mais le présent est aussi menacé lorsque les objets-frontières humains remettent en question les catégorisations dominantes actuelles. »

 

Bee Lumen suite

Klaus Hoeyer « Anthropologie des objets-frontières humains - Explorer de nouveaux sites pour la négociation de l’identité » 2011

En Anthrophologie, les penseu – ses- res théorisent le sang menstruel comme « objet – frontière humain ». Les cycles menstruels rythment la vie intime d’une grande partie de la population humaine, la vie quotidienne des personnes assisgnées biologiquement à la naissance en tant que femmes et par impact secondaire sur celleux assignée-s « hommes ». Malgré tout, ce sujet reste tabou. Entre les moments d’attente chez la pré-adolescente et des formes de soulagements et / ou d’inconforts expérimentés par certaines « femmes ménauposées », je tente de représenter cet « objet frontière humain » de manière photographique

« Les objets situés à la frontière du soi et du non-soi continuent pourtant de soulever l’inquiétude des nations industrialisées contemporaines. » nous dit plus bas Klaus Hoeyer. En parler, mettre des images sur ces fluides, est pour moi, déjà une remise en cause du système dominé par la pensée masculine blanche.

Dans le même article, il précise « l’hypothèse avancée est que les objets qui circulent entre des corps ou entre des communautés de pratique indépendantes affichent de façon dynamique des structures de valeurs, de connaissances et de pouvoir au sein des systèmes d’échange dans lesquels ils circulent, tout en étant vecteurs de changement pour ces mêmes systèmes. La création de nouveaux objets qui transgressent les frontières n’est pas dénuée de conséquences en ce qui concerne les institutions. Pour ces raisons, les objets-frontières constituent un espace productif pour l’étude de processus liés à la catégorisation, la valorisation de soi et l’identité. »

Il s’agit de se défaire d’une illusion d’une identité dans laquelle nous pourrions nous reconnaître, de mettre en lumière toute l’opacité du rapport de chaque être dans son corps et son être.

Je me pose la question de la place de laquelle je parle en tant que narratrice d’une histoire photographique. Je me réfère notamment à la pensée de Michel Rolph Trouillot qui dans son « Silencing the past » déconstruit le récit dominant et change tout. « La connaissance c’est le pouvoir. Mais l’histoire c’est le fruit du pouvoir dit Trouillot. Celui (ou celle ??) qui gagne à la fin décide du récit » Raoul Peck citant Trouillot dans son documentaire « Exterminez toutes les brutes ». A chaque mot que l’on dit, à chaque image que l’on projette se cache un monde, des représentations. La langue est dictée par les dominants. Le genre nous agit dans tous les endroits. Nous sommes traversés par des éléments exogènes que nous laissons nous interpeller. J’ai fait le choix de narrer une histoire non linéaire mais cyclique et de respecter un temps supérieur à celui d’une vie. Il s’agit du temps de l’insconscient et de ses symboles. Je fais même référence au Néolithique avec les menhirs de « la Mère et la Fille » qui se trouvent au lieu dit de la lande des Soucis non loin de Saint jean De La Motte dans le département de la Sarthe, mon département de naissance.

Bee Lumen

 

BIO Bee Lumen

Je suis photographe et j’utilise différents supports pour m’exprimer artistiquement. De formation psychosociologue, je prends des photos depuis l’âge de 12 ans. Je m’interroge notamment sur la place de la femme dans le monde néo libérale, symptôme venant révéler un réel inégalitaire et morbide.

Mon exposition “Corps en lutte… Luttes encore!” s’est montrée dans le cadre du off de la semaine photographique de Nantes au Mékano à partir du 15 septembre 2019puis pour l’inauguration de mon atelier toujours au Mékano le 4 octobre 2019. Elle est présentée actuellement à L’Arsenic, dans le village de L’Allemans en Dordogne.

Mes photographies peuvent être comparées à des tableaux et je rends parfois hommage à différents peintres notamment hollandais. “Un feutré luterien” et “des mystiques de la renaissance” ont été certains des retours.

Avec une esthétique qui emprunte aux canons du passé (couleurs passées, technique du polaroides et des émulsions, saturations), mes projets à venir tournent autour des images sonores. Je travaille avec trois compositions musicales différentes.

“For our Deads” avec Kaporal pour une réappropriation des Vanités et d’une vision gothique d’un corps de femme évanescent sera présenté en avril au Caf K puis dans la boutique Chakra Noir.

Un travail autour de la lumière est amorcé avec Raphaël Jarry avec projection et polaroides. La thématique tourne autour de la méditation, de ses effets sur le cerveau humain et par extension, sur la fonction des objets et de la relation qu’un – e humain-e peut entretenir avec eux (expression du désir, des pulsions de vie ou de mort).

“Synchroni-cities” est un projet collaboratif avec le groupe de rock de chambre minimaliste Maalax, une danseuse Gaëlle Guéranger, et quatre photographes qui vivent respectivement à Berlin, à Perth en Autsralie, à Minca au Mexique et moi même. Nous souhaitons définir le concept de synchronicité et en donner une lecture transdisciplinaire de façon à ce que le “spect-acteur” puisse en entendre, voir, toucher quelquechose.