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Nicolas Boyer

''IRAN(s) 1399 - 2021''

À l'Éolienne / Arnage

Nicolas Boyer IRAN Les PhotographiquesJanus est le dieu romain des commencements et des fins, des transitions et des portes. Traditionnellement représenté avec une tête à deux visages dont l’un est tourné vers le passé tandis que l’autre tend vers l’avenir, il est aussi celui qui préside sur le début et la fin des conflits. La République Islamique d’Iran est justement née d’un conflit, la plus longue guerre du XXème siècle entre deux pays avec huit années de batailles contre l’Irak entre 1980 - 1988.
Depuis cette tragédie fondatrice et à l’image de Janus, la société iranienne est devenue schizophrène et les divisions n’ont cessé de se creuser : tandis que la partie «obscure» du pays continue à regarder vers le passé, notamment à travers une culture doloriste autour du culte des martyrs ou de processions relatant d’épisodes sanglants qui ont eu lieu il y a 1400 ans, la partie «lumineuse» vit davantage dans l’attente du dernier iPhone 13 que de «l’Imam caché» (le Mahdi), censé délivrer le monde dans une apocalypse finale.
40 ans après la révolution, les femmes représentent 65% des étudiants, le taux de divorces explose à Téhéran, la fécondité est en berne et une part importante de la population envisage de s’exiler plutôt que de rester dans un pays qui lui impose un carcan et où 70% du PIB est détenu soit par les fondations religieuses (les Bonyads), soit par les 300.000 personnes qui composent la nébuleuse des Gardiens de la Révolution.
Quand il est question d’Iran dans la presse, nous avons toujours droit à une photo du mur de l’ambassade US. C’est pour dépasser cette sempiternelle représentation que j’ai séjourné 2 mois en Iran, traversant une trentaine de villes afin de rencontrer les Iraniens – ce sont d’ailleurs plutôt eux qui venaient à ma rencontre, tellement la soif d’ouverture est grande. J’ai souhaité documenter la variété d’atmosphères quotidiennes de ce pays mosaïque grand comme trois fois la France. Pour prendre conscience du fossé existant entre les deux pôles de la société, il suffit de parcourir la ligne centrale du métro de Téhéran depuis les quartiers sud, pauvres, sous-éduqués ou particulièrement conservateurs des commerçants du Bazar, jusqu’aux quartiers nord où l’alcool coule à flot dans les soirées privées et où les adolescent(e)s ont un look de hipster comme ceux que l’on peut croiser autour du skatepark d’Ab-o Atash. On est alors tenté de rappeler que c’est bien un perse, Mani, qui a fondé la religion manichéenne.
Cependant la réalité est plus complexe et le jeune clerc en apprentissage dans la ville religieuse de Qom que j’ai rencontré connaissait toutes les chansons de Britney Spears... En discutant avec des jeunes drogués à la frontière irakienne, en passant une journée avec un chercheur en chimie dont tous les entretiens d’embauches consistent à évaluer ses connaissances religieuses, ou encore une journaliste rencontrée dans un bus et qui a fondé un magazine pour femme dans une petite ville à la frontière afghane, j’ai pu sentir à quel point la fracture était importante entre un pouvoir central policé et les périphéries du pays.
Cela permet de comprendre les contestations sociales qui menacent régulièrement le régime, rappelant au reste du monde que le pays des mollahs n’est pas si homogène et monolithique que la propagande l’affirme.

 

En partenariat avec la ville d’Arnage et l’Éolienne, espace culturel

ARNAGEEolienne arnage

Nicolas Boyer

Après plusieurs métiers pas toujours reluisants comme analyste financier pour la grande industrie ou chef de projet porte-maquettes, je trouve enfin une raison de me lever en devenant créatif publicitaire (directeur artistique) de 2005 à 2014. Devenu photojournaliste en 2016 et n’ayant jamais quitté ma zone de confort en dehors du fait d’avoir pénétré par erreur un compartiment réservé aux femmes dans le métro du Caire, je joue à la loterie du Sony World Photo Award en 2019 que je remporte avec la même conviction de légitimité que si l’équipe du Honduras remportait un mondial de foot. Je parcours depuis les paysages urbains en me demandant souvent ce que je fous là.

Itinéraires

2014 / ...    :   Photoreporter   freelance
2005 / 2014    : Directeur artistique en agences publicitaires [ TBWA, McCann Erikson, BETC ] 2003 / 2005    : Photoreporter freelance
2003 / 2003    : Ecole des Gobelins - Paris [ section Photographie ]
1999 / 2003    : Concepteur-rédacteur en agence publicitaire [ Havas Advertising ] 1998 / 1999    : Analyste financier [ Procter & Gamble ]
1992 / 1998    : HEC Paris + Sciences Po Paris

Prix

2020    Mention Spéciale du Jury du Prix Roger Pic [SCAM] pour mon travail au Japon Finaliste du Smithsonian Institute Award pour mon travail en Iran
2019    Lauréat du Sony World Photography Award - « Best photographer » catégorie « Travel » 2018    Shortlist du Sony World Photography Awards
2017    Lauréat de la compétition Polka Magazine / SNCF «CinéTrain» Lauréat de la compétition de photographie Wipplay «Cash»
2005    Lauréat pour la seconde édition du concours «Les créatifs derrière l’objectif»
2004    Lauréat de la 1ère édition du concours «Les créatifs derrière l’objectif» - Club des DA