FRANCES DAL CHELE

''Le passé de l’avenir''

À la médathèque Louise Michel / Allonnes

France Dal Chele le Passe de lAvenir Bati AtasehirDans Le Passé de l’Avenir je me suis éloignée de mon approche documentaire en m’inspirant des palimpsestes pour le parti-pris formel. Au Moyen Âge, les moines grattaient des parchemins pour en effacer le texte et écrire un nouveau à sa place. Mais par endroits demeuraient de fantomatiques traces de l’ancienne écriture. Or, l’urbanisme est une écriture. Les transformations urbaines radicales à l’œuvre dans Istanbul (comme dans tant d’autres villes du monde), mues par un capitalisme mondialisé, effacent l’écriture précédente, un urbanisme à l’échelle humaine, et le remplacent par des modèles urbains mondialisés - implacable quête du progrès au nom de la Modernité.
Mes palimpsestes révèlent ces bouleversements rapides, profonds du paysage, car les images N&B de secteurs aux franges d’Istanbul viennent du passé récent (1960- 2000). Mes images argentiques couleur (2011 à 2014) capturent sensiblement le même endroit. En superposant les deux images, l’image-palimpseste commence à se matérialiser. Son élaboration finale nécessite un minutieux travail sur sa structure et ses détails via PhotoShop.
Le Passé de l’Avenir porte un regard critique sur l’uniformité engendrée par la globalisation. Tout en évoquant la mémoire d’Istanbul et l’épaisseur du temps, les image-palimpsestes questionnent l’impact d’un étalement urbain effréné, celui d’Istanbul en l’occurrence, sur l’équilibre et la durabilité d’une ville.
Francesca Dal Chele

Photographe-auteure indépendante, FRANCES DAL CHELE naît en 1950 aux Etats-Unis. Des études universitaires de langue et littérature françaises, une vive curiosité pour les gens et le monde plus loin, l’amènent d’abord en France en 1978 et ensuite à la photographie à partir de 1986. Sa formation, essentiellement en autodidacte, comprend une année d’études à l’Ecole EFET (Paris 12°) et des stages à l’Ecole Nationale de la Photographie d’Arles. Selon les sujets qu’elle traite, son approche voyage entre documentaire subjectif et approche intuitive. Ses travaux questionnent la notion d’identité : celle des êtres humains, celle des villes, et celle des modes de vie condamnés par la modernité. Depuis 2007, Frances Dal Chele parcourt l’Anatolie et Istanbul pour photographier la globalisation à l’œuvre en Turquie et ses effets sur le tissu humain et le tissu urbain.